Nana Mouskouri, portrait

Les hasards de la vie nous réservent parfois de belles surprises !

Un copain que je croise régulièrement depuis 5 années m’achète mon livre récemment.
Quelques jours plus tard, je le revois et il me dit que bientôt, sa mère et sa sœur seront de passage à Montréal, qu’il aimerait beaucoup avoir une photo de famille dans l’esprit de mon livre « Pièces à conviction », où ils tiendraient une photo d’eux trois il y a 25 ans.

J’étais évidemment très heureux de voir que mon projet suscitait ce désir et lui dit oui, avec plaisir.

Sur ce, il me dit qu’il fallait quand même qu’il valide ce projet avec sa mère, afin de s’assurer qu’elle serait partante, « parce qu’entre elle et les photographes, c’était toujours un peu délicat. »

Je lui réponds alors, habitué à ce genre de commentaire, que c’est bien naturel …. que la plupart des gens ont une relation plutôt compliquée avec leur images, coincés que nous sommes entre le désir de nous enregistrer dans le temps, et la peur de nous voir autrement que dans un miroir.

(Je poursuis cette anecdote sous forme de dialogue, ça n’en sera que plus croustillant !)

Il me réponds alors:

– Oui, je sais, mais avec elle, c’est plus compliqué !
– Ah oui ? Et pourquoi ?
– Et bien, elle s’est souvent fait photographier, alors elle connait bien ça … et des fois …!
– Ah bon ??? Mais que fait-elle dans la vie ?
– Elle chante !
– Hein ? Mais tu ne m’avais jamais dit que ta mère chantait … mais qui est-ce ?

 

Sa femme, qui était à côté me lance alors:

– Si tu penses à une chanteuse Grecque, tu penses à qui ?

 

Alors à la blague, je lance tout naturellement:

– Nana Mouskouri !
– Et bien c’est ça, c’est ma mère !

 

Silence et tête du gars avec les sourcils remontés au sommet du crâne, en plein état de choc !

 

Les bras m’en tombaient !
J’avais bien du mal à croire que cet homme que je croise depuis si longtemps soit le fils de cette icône de la chanson, et qu’il ne m’en avait jamais soufflé le moindre mot.

Elle qui apparaissait si régulièrement dans le petit écran noir et blanc qui trônait dans le salon de mon enfance, j’allais la rencontrer chez moi … et la photographier avec ses enfants !

C’est ainsi que quelques jours plus tard, elle est venu sonner à ma porte…

J’ai rencontré en premier lieu une mère avec ses enfants et j’ai beaucoup apprécié la voir sous ce jour qu’on ne connait pas des célébrités. Une femme rayonnante comme on peut l’être après tant d’accomplissements. Nous avons entre autre parlé de photographie, puisqu’elle a côtoyé les photographes qui m’ont donnés le gout de faire des portraits, notamment Richard Avedon qui m’a tant marqué par son livre « Visages de l’ouest« , et dont l’on peut, en toute humilité, ressentir l’influence dans « Pièces à conviction ».

Nous avons donc fait les photos de famille tel que convenu, et je lui ai demandé si elle voulait bien faire l’exercice seule. J’avais évidemment préparer cette demande, et imprimé un tirage d’un de ces portraits dans ses jeunes années.
Elle accepta pour mon plus grand plaisir et me fournit à ma demande, ce texte texte pour accompagné mon image et qui nous livre sa perception sur le passage du temps. Le voici:

 

La photo est le miroir témoin de vérité de notre vie et du temps qui passe. J’ai appris à respecter le temps et à le vivre avec dignité. Je le regarde passer avec tendresse et pense avec simplicité et humilité à l’avenir ... Avec amour et humanité.

Nana Mouskouri
One Response to Nana Mouskouri dans « Pièces à conviction »
  1. Ceci reflète bien Nana Mouskouri….j’ai moi même eu cette expérience inédite de la rencontrer personnellement à London, ON Canada…après son concert d’adieu. Je resterai toujours marqué par cette humilité et son accueil des gens…l’attention qu’elle leur porte…pour les écouter et les encourager. Rien pour lui monter à la tête, mais toujours pleine de reconnaissance.


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